
Le yoga est très souvent associé à un sport mais sa vocation va bien au-delà. Découvrir, même brièvement, son origine permet de mieux comprendre sa philosophie. Car oui, le yoga n’est pas seulement une discipline, il est aussi un art et une philosophie.
Le mot Yoga vient du Sanskrit संस्कृतम्, une langue Indo Européenne ancienne datant d’avant notre ère.

Le mot योग signifie « union », unir, atteler. Il apparait dans un texte très ancien, le « Rig Véda » qui remonte au XVème siècle avant notre ère.

A cette époque nous sommes encore très loin du Yoga tel que nous le connaissons.
C’est dans le recueil de « Patanjali » - les Yoga Sūtra - que le yoga se codifie aux alentours de 400 avant notre ère.

Ce texte composé de 195 aphorismes (les « Sūtra » phrases courtes qui résument un concept) se divise en 4 chapitres qui forment une méthodologie pour atteindre la libération « Moksha ».
C’est la naissance des huit branches du yoga, les « ashtanga »,Un objectif à atteindre et Des moyens pour y parvenir
L’idée fondamentale de Yoga est « Yoga ćitta vritti nīroda » : l'arrêt des fluctuations du mental.
Le yoga fonctionne par étapes, un peu comme un escalier avec des niveaux à franchir pour atteindre le sommet. Les postures n’apparaissent qu’en troisième position, après les observances et les réfrènements.
Le premier enseignement est « Ahimsa » ne pas nuire. Bien plus tard cela restera la base du yoga tel que nous le connaissons. Sur le tapis, il est indispensable de pratiquer sans violence envers son corps. Pratiquer le Yoga c’est d’abord apprendre à ne pas se nuire dans la pratique. Il y a 5 yama :Les yama correspondent à notre attitude dans et envers le monde. Ahimsa (la non-violence) – Satya (l’authenticité) – Astéya (l’honnêteté) – Brahmacharya (la modération) et Aparigrahā (la non-appropriation)
Śaucha (la pureté) – Santhosha (le contentement) – Tapas (l’ardeur) – Svādhyāya (l’étude de soi et des textes, la connaissance) – Īhvara pranidhāna (l’abandon à plus grand que soi)
À cette époque il n’y a qu’une seule posture, l’āsana : l’assise stable et confortable. « Sthira Sukham āsana » : être fermement établit dans un espace heureux. Il faudra attendre bien plus tard avec le traité de la Hatha Yoga Pradipika (la petite lampe du yoga) de Yogi Svātmārāma au XVème siècle de notre ère pour commencer à avoir un registre de postures. On y trouve 15 postures dont 4 essentielles. On peut donc voir que le yoga postural, ou Hatha Yoga à l’origine est une forme plus tardive de yoga. À partir de ce moment on considère le corps comme l’instrument le plus sûr pour atteindre l’éveil spirituel. Ha – Tha signifie d’ailleurs l’union du soleil et de la lune. C’est donc l’union des polarités et de toutes les dualités.
On peut donc voir que le yoga postural, ou Hatha Yoga est une forme plus tardive de yoga. À partir de ce moment on considère le corps comme l’instrument le plus sûr pour atteindre l’éveil.
Ha – Tha signifie d’ailleurs l’union du soleil et de la lune. C’est donc l’union des polarités et de toutes les dualités.
Bien au-delà de la respiration, l’objectif du travail est une parfaite maîtrise des différents souffles du corps afin de permettre la libre circulation de l’énergie pure, le prana dans le corps.Le Yoga de Kundalini est le yoga qui porte aujourd’hui sur ce travail en priorité. Il s’agit d’une approche Tantrique qui, à l’origine, était réservée à des yogi expérimentés uniquement en raison de sa dangerosité. Le Prāna est l’énergie vibratoire qui anime tout dans l’univers, un souffle qui n’est pas limité permet de le laisser circuler. Ainsi chaque respiration devient une pulsation de vie et non plus un geste mécanique. Il y a plusieurs souffles dans le prāna : puraka (l’inspiration du souffle de vie) – rechaka (l’exhalation de l’énergie individuelle qui va se fondre dans l’énergie cosmique) – kumbhaka (l’art de suspendre son souffle pour immobiliser les sens et laisser la vibration se faire dans le silence)

Au XVIIème siècle la Gheranda Samhita décrit le Hatha Yoga tel que nous le connaissons aujourd’hui. Dans cet ouvrage les principales techniques qui permettent d’éveiller les énergies du corps pour atteindre la libération sont décrites précisément. On y trouve les purifications internes et externes, les postures, les souffles mais également les ligatures ou « bandha » et les sceaux ou « mudrā ». Le cheminement est un peu différent et plus adapté à notre société. Les purifications arrivent en premier (Satkarman) et sont suivies des postures, les āsana et des mudrā. Vient ensuite le retrait des sens, Pratyahara avant le Prānāyāma, la méditation (dhyana) et enfin le Samadhi.

Si le yoga a évolué depuis son origine pour s’adapter aux différentes sociétés dans lesquelles il se pratique, on voit néanmoins qu’il se compose de bien plus que la posture. Une pratique régulière que ce soit sur le tapis ou dans la vie permet d’évoluer vers ce but de l’Union et la posture n’est qu’une partie de Yoga. « la posture n’est qu’un prétexte » nous permet de mieux comprendre sa différence avec une simple activité sportive.